samedi 18 juin 2011

Réponse à Wauquiez


Droit de réponse d'un canapé

En dehors des périodes "urnistiques", comment puis-je obtenir un droit de réponse aux mises en cause ministérielles. En effet, je suis le cancer de Wauquiez; le crabe du Figaro; la métastase de Copé.... Oh, ils ne risquent certes pas le cancer du cerveau mais il me semble nécessaire que parfois le canapé s'exprime. Alors je demande un droit de réponse. Sans doute suis-je un canapé, un banc publique, un hamac... Mais j'ai l'insigne honneur de recevoir chaque jour votre postérieur, monsieur le ministre. Et lorsque vous le posez lourdement avec la satisfaction du devoir accompli, vous me paraissez bien moins regardant.

Vous n'avez eu d'autres politiques qu'empêcher l'émergence d'un peuple conscient, critique, pensant, agissant. Vous exigez du civisme là ou nous ne demanderions que l'exercice réel de la citoyenneté. C'est bien pour cela qu'aujourd'hui encore, sur ce canapé, vous pouvez reposer votre séant entre un coussin d'actions et un verre d'obligations.


Est-il réellement de votre intérêt que ce canapé se remémore qu'il est capable de se lever et de nouveau serrer le poing comme pour retenir un rêve volage ? Ne me tentez pas de passer de l'indignation de bon aloi à la révolte que la faim, l'humiliation, la précarité, l'inégalité allument jusqu'à tordre les boyaux d'une société.

Je ne perdrai pas de temps à disserter sur la douleur du travailleur pauvre, du précaire, du chômeur. Je ne vous demande même pas de prendre ma place ne serait-ce qu'un mois. Je vous dirai simplement que le canapé que je suis se lèverait volontiers pourvu que votre postérieur ne fut si lourd.

On dit d'un fleuve emportant tout qu'il est violent, mais l'on ne parle jamais de la violence des rives qui l'enserrent disait à peu prêt Brecht.

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